Le virus Zika en Martinique

Le mois dernier, un cas de ZIKA a été biologiquement confirmé en Martinique.

Le 8 janvier dernier, un comité d’experts pour les maladies infectieuses émergentes a conclu que la situation épidémiologique du Zika en Martinique correspond au niveau 2 du Psage arbovirose : transmission autochtone débutante. Ce niveau précède la phase épidémique (niveau 3).

Les zones les plus touchées sont le centre de la Martinique (agglomération foyalaise et façade atlantique correspondante), le Nord Caraïbe et certaines communes du Sud.

C’est l’état d’alerte au Brésil, le virus Zika, moins connu que ses cousins le chikungunya et la dengue – transmis eux aussi par le moustique tigre – fait des ravages chez les nouveau-nés depuis plusieurs mois.

Moustique Zika

Qu’est-ce que le Zika ?

Agent pathogène

Le zika est une maladie infectieuse due à un arbovirus : le virus zika. Ce virus de la famille des Flaviridae (genre flavivirus) a été isolé pour la première fois en 1947 dans la forêt Zika (Ouganda) sur un singe Rhésus. Il existe deux lignées virales distinctes (africaine et asiatique) de ce virus proche des virus de la dengue, de celui de l’encéphalite japonaise et du West Nile. Le diagnostic de zika se fait par détection de l’ARN viral (test par prise de sang appelé PCR) car le risque de résultat faussement positif est important avec les autres tests (sérologie).
Modes de transmission
La transmission s’effectue de personne à personne par l’intermédiaire de moustiques infectés du genre Aedes.

Modes de transmission
La transmission s’effectue de personne à personne par l’intermédiaire de moustiques infectés du genre Aedes.
Manifestations cliniques
L’infection est asymptomatique (infection sans aucun symptôme) dans 50 à 75 % des cas. Chez les personnes qui développent des symptômes, après une période d’incubation de 3 à 12 jours, une fièvre modérée (< 38.5 °C) apparaît, le plus souvent accompagnée d’une éruption maculopapuleuse érythémateuse (petites tâches rouges sur la peau). Peuvent également survenir une hyperhémie conjonctivale (yeux rouges), des arthralgies (douleurs articulaires) et/ou myalgies (douleurs musculaires) ainsi que des oedèmes des mains et/ou des pieds.
L’évolution est le plus souvent favorable, sans séquelle, mais des complications neurologiques de type syndrome de Guillain-Barré ont été observées lors de la récente épidémie de Polynésie française (paralysies qui sont transitoires mais dont la gravité peut nécessiter une prise en charge en service de réanimation).
Epidémiologie
La première épidémie a été décrite en 2007 à Yap (Micronésie), puis en octobre 2013 le virus a été responsable d’une épidémie en Polynésie française. En 7 mois, on estime que 30 000 personnes auraient consulté pour ce motif sur le territoire polynésien.
Le virus s’est diffusé dans le Pacifique, en 2014 et 2015, atteignant la Nouvelle Zélande, la Nouvelle-Calédonie, les îles Cook, Salomon et Vanuatu.
Au Brésil, le 16 mai 2015, le ministère de la santé a confirmé la circulation du virus Zika dans le pays.
Il pourrait émerger dans les zones où des vecteurs compétents sont présents, les territoires Français d’Amérique sont donc particulièrement vigilants.
Prévention
Il n’existe actuellement pas de vaccin, ni de traitement préventif contre l’infection du zika.
La prévention individuelle repose donc essentiellement sur les moyens de protection contre les piqûres de moustiques (répulsifs en sprays ou crèmes, serpentins, diffuseurs électriques, vêtements longs, moustiquaires).
La prévention collective repose sur la lutte anti-vectorielle.

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